Strade Bianche - Mauro Vegni : «Les Strade ? Ni trop difficiles, ni trop dangereux»

Les Strade Bianche font décidément débat depuis samedi dernier. La classique italienne, considérée par beaucoup comme le sixième monument, a été marquée une nouvelle fois par de nombreuses chutes. Chez les femmes, Kasia Niewiadoma a notamment chuté violemment, et chez les hommes, une multitude de chutes ont également eu lieu, dont celle de Tadej Pogacar, ce qui ne l'a pas empêché de s'imposer au final. Les organisateurs de la course ont reçu de nombreuses critiques ces deux derniers jours, notamment sur le parcours jugé trop dangereux.
Vidéo - Tadej Pogacar a remporté les Strade Bianche 2025
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"La mentalité des coureurs joue aussi un rôle. Autrefois, le peloton avait un code moral"
Le directeur du tournoi, Mauro Vegni, s'est défendu auprès de Het Nieuwsblad : "Oui, il y a eu plus de chutes que les autres années samedi. Cela est dû à l'état du gravier. Cette fois, il était très sec et poussiéreux, ce qui le rendait effectivement plus dangereux. Mais les chemins en gravier, c'est l'essence même de la Strade Bianche. Cette course n'est ni trop difficile ni trop dangereuse. Du moins, pas pour de vrais coureurs. Malheureusement, il n'y en a pas beaucoup".
Il évoque également le changement d'état d'esprit et de coopération des coureurs sur la route : "La mentalité des coureurs joue aussi un rôle. Autrefois, le peloton avait un code moral. En cas de danger, ils s'avertissaient mutuellement. Aujourd'hui, je constate que les coureurs ne font plus l'effort de se prévenir des dangers imminents. De nos jours, c'est comme disaient les Romains autrefois : mors tua, vita mea (ta mort est ma vie). Les coureurs prennent de plus en plus de risques. Ils font partie du cyclisme. Mais on peut aussi en prendre trop".
"Qui peut dire que Wout van Aert ou Mathieu van der Poel ne seront pas au départ de l'année prochaine?"
Pour Mauro Vegni, les chutes ne sont pas dues uniquement au parcours : "Le matériel s'est aussi beaucoup amélioré. L'évolution des vélos permet d'aller plus vite. Prenez par exemple les freins à disque : grâce à eux, ils peuvent se permettre de freiner plus tard. Mais dans un peloton, cela entraîne des situations dangereuses. Nous sommes un sport basé sur la vitesse. La F1 a-t-elle réduit la vitesse des voitures à 200 km/h alors qu'elles peuvent rouler à 300 km/h ? Non ! Ils ont pris des mesures pour minimiser le risque d'accidents mortels. C'est sur cela que le cyclisme doit travailler".
Enfin, il a tenu à répondre aux critiques sur le plateau supposé faible des Strade Bianche cette année : "Qui peut dire que Wout van Aert ou Mathieu van der Poel ne seront pas au départ l’année prochaine ? Pogacar était là, je n'avais pas besoin de plus. Du New York Times à la BBC, tout le monde a parlé de la course. Et si Wout et Mathieu ne viennent vraiment pas parce que la course est devenue plus longue ou plus difficile, alors j’y réfléchirai. Mais tout le monde sait que ce n'est pas la vraie raison", conclut-il.