INTERVIEW - Bryan Coquard : «Cofidis ? Difficile de faire pire que l'an passé»

Par Titouan LABOURIE le 31/03/2025 à 21:03. Mis à jour le 03/04/2025 à 21:30.
INTERVIEW - Bryan Coquard : «Cofidis ? Difficile de faire pire que l'an passé»
INTERVIEW
Photo : @CyclismActu / Sirotti

Treizième saison chez les professionnels pour Bryan Coquard ! Le Ligérien, qui évolue désormais sous les couleurs de l'équipe Cofidis, s'est livré lors d'un long entretien auprès de Cyclism'Actu. Sa victoire en début de saison sur le Tour Down Under, la course aux points UCI, "l'affaire Cédric Vasseur", le Tour de France... Bryan Coquard n'a éludé aucun sujet. Une interview à regarder et/ou à lire en intégralité ci-dessous.

Vidéo - Bryan Coquard au micro de Cyclism'Actu

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"Un plutôt bon début de saison"

Vous venez de faire une belle prestation sur La Roue Tourangelle, avec une 2e place. Comment ça s'est passé et comment vous jugez votre début de saison ?

C'est un plutôt bon début de saison, je suis plutôt satisfait parce que j'ai déjà gagné, j'ai déjà levé les bras et c'est toujours bien. C'était l'objectif de bien commencer en Australie, après pour être trop honnête avec vous, j'ai eu un petit passage à vide depuis, je pense que j'ai eu un petit peu de mal à la réadaptation au retour de l'Australie. A l'image d'il y a deux ans, j'avais plus de mal au retour après l'Australie, de retour en Europe, en France avec le mauvais temps et le froid et là j'ai remis un petit peu de temps, mon organisme a mis un petit peu de temps à s'acclimater et à se remettre en mode hiver. Et donc c'est pour ça que les sensations étaient moyennes depuis le Down Under. Mais depuis la fin de Tirreno-Adriatico je sens que ça va vraiment beaucoup mieux et que je suis enfin opérationnel avec des sensations et une condition qui est plutôt bonne. Sur La Roue Tourangelle, bien évidemment j'aurais préféré gagner, mais je pense que je suis tombé sur une équipe Uno-X très très forte, ils ont super bien lancé le sprint, ils ont bien contrôlé toute la journée aussi, et voilà, le vainqueur Erlend Blikra n'a pas fait d'efforts de la journée, il a été déposé super bien et son poison pilote l'a lâché à 150 mètres avec beaucoup de vitesse. Il n'y avait pas grand chose à faire et quand on regarde les images ça se rassoie très vite dans sa roue, moi y compris.

 

Et dans les prochains jours, quel est votre calendrier de courses ?

On a eu pas mal de changements. J'étais censé faire essentiellement des Coupe de France, dont Paris-Camembert mercredi. Mais au vu de ce qu'il s'est passé sur Bruges-De Panne, où il y a eu pas mal de chutes et de casses, y compris chez nous, donc c'est pour ça que je vais faire un petit tour sur les pavés d'A Travers la Flandre, que j'apprécie. Ce n'était pas forcément prévu, pour un peu limiter les déplacements, mais au vu de l'effectif et des blessures, on a décidé d'aller mercredi sur A Travers la Flandre, et je reviendrai en France pour La Route Adélie de Vitré vendredi.

 

"Les points UCI ? Ça nous impacte clairement"

Comment vous jugez ce début de saison de l'équipe Cofidis ? Déjà 4 victoires contre 5 au total sur la saison 2024...

Je pense que déjà c'est difficile de faire pire que l'an passé, pour être très honnête, on n'avait pas fait une bonne saison, c'était compliqué. Je n'ai pas forcément trop d'explications à cette mauvaise dynamique de l'an passé, où des fois, sans s'en rendre compte, on rentre dans un mauvais schéma et ça se passe mal, et je pense que pour les fans de la Cofidis ça a été difficile, comme pour les coureurs. On fait du vélo pour performer, pour gagner des courses, et quand ça se passe mal, c'est jamais agréable. J'ai l'impression qu'on est reparti sur de bonnes bases en 2025, c'était aussi un de mes objectifs qui était fixé, mon rôle d'aller en Australie et de performer directement pour inculquer une bonne dynamique. Il y a eu pas mal de changements aussi, pas mal de recrues, dès le stage de décembre j'avais l'impression que la mayonnaise prenait bien. On a des coureurs de tous les horizons, avec des carrières un peu différentes, des mecs comme Simon Carr, Dylan Teuns... qui arrivent de l'étranger. Mais aussi Valentin Ferron qui arrive d'une équipe française, de mon ancienne boutique. Des coureurs talentueux, avec de l'envie, et on est bien parti, j'ai l'impression qu'on est sur un bon petit tempo, un bon rythme, on a déjà gagné 4 fois. Donc voilà, on reste concentré, bien évidemment, tout le monde est au courant de cette relégation à la fin de l'année. La course aux points est lancée, j'ai l'impression qu'on est dans une bonne dynamique, on marque des points et on fait des résultats. Alors oui, on ne gagne pas tous les week-ends, mais on fait notre maximum, et pour l'instant c'est très bien, c'est plutôt une bonne note sur ce début de saison.

 

Cette course aux points, est-ce que ça prend une grosse place dans les stratégies ? En tant que coureur, est-ce que ça vous impacte directement ?

Ça nous impacte clairement. Ça impacte mon métier. Je pense que les 12 premières équipes du classement s'en foutent un petit peu. Mais pour celles en fin de classement et les premières ProTeam, on est obligé d'y penser, ça rentre dans les stratégies, ça c'est sûr, et c'est ce qui rythme toutes nos courses, tous nos week-ends. On sait qu'on a un sponsor qui est là, qui existe depuis très longtemps dans le vélo et qui va y rester encore longtemps. Mais bien évidemment qu'ils veulent qu'on soit en WorldTour, et qu'on soit invité directement sur le Tour de France, qu'on fasse le meilleur calendrier sans dépendre des invitations, et donc c'est aussi le challenge qu'a Cédric Vasseur, de garder l'équipe Cofidis en WorldTour. Donc oui, c'est sûr que ça fait partie de notre quotidien, et on essaye avant tout de gagner des courses, parce qu'en gagnant des courses on marque beaucoup de points, mais ça serait clairement vous mentir, et ne pas être honnête, de vous dire que si la victoire n'est plus jouable, on ne commence pas à calculer les points.

 

"Cédric Vasseur ? Ce qui a été dit n'était pas forcément faux"

Il y a quelques jours, nos confrères de L'Équipe sortaient un papier à charge contre votre manager général Cédric Vasseur, est-ce que vous avez un mot à dire là-dessus ?

Moi je n'ai pas du tout de soucis de parler de ça, je pense que le métier de manager général est très compliqué. Comme je disais, il a aussi de la pression, je pense qu'avec son poste et son emploi sont aussi liés à la réussite de l'équipe. Pour ma part, ce qui a été dit dans le journal n'était pas forcément faux, mais c'était l'an passé. Ensuite on a eu une belle discussion au mois de novembre et c'est l'une des premières fois dans ma carrière, où la direction sportive - les directeurs sportifs et Cédric - se sont excusés. Ils se sont excusés suite à quelques petits différends, qui étaient banals, c'était plutôt des non-dits, donc j'étais très content de ça, et depuis ce jour là, je suis reparti à fond pour l'équipe. Je n'ai pas du tout envie de polémiquer là-dessus, mais j'avais juste ça à dire. Ce n'est pas forcément pour le défendre ou quoi, mais c'est aussi pour un petit peu expliquer la situation.

 

Vous êtes désormais un coureur expérimenté, puisque vous êtes sur votre 13e année en tant que professionnel. Qu'est-ce que vous pensez de l'état du cyclisme français, qui vit un début de saison compliqué ?

Il faut aussi prendre en compte que le vélo s'est mondialisé, il y a de plus en plus de talents. C'est mon analyse, chacun est libre de penser ce qu'il veut. Le vivier est donc de plus en plus grand, et du coup on trouve de plus en plus de talents. Ça me paraît aussi logique qu'il y ait plus de très bons coureurs étrangers, on a l'exemple des Slovènes, ou de Biniam Girmay. Ce n'est pas qu'on a des mauvais coureurs, puisque je pense qu'on a d'aussi bons coureurs qu'auparavant, mais la concurrence est plus rude. Et on a aussi de futurs très grands talents, je ne sais pas ce que ça donnera, mais on a des jeunes Français très prometteurs, et j'espère qu'ils iront loin et que ça marchera fort.

 

"Je pourrais être aigri, mais..."

On a beaucoup entendu parler cette semaine de Tadej Pogacar qui va faire Paris-Roubaix... est-ce que vous pensez qu'il a une chance de gagner ?

Je pense qu'il a une chance de gagner, c'est sûr, il est très très fort. Mais pour gagner, je pense qu'il faut qu'il se débarrasse de Mathieu Van Der Poel. C'est mon analyse de passionné de cyclisme. Même si intrinsèquement, il est plus fort physiquement que Van Der Poel, je pense que Van Der Poel est plus technique, plus rapide, plus explosif sur les pavés. C'est un peu une réponse en carton, mais oui, bien évidemment qu'il a des chances, parce qu'il est super à l'aise, il fait ce qu'il veut sur un vélo, il est capable d'attaquer de super loin, il a tout ce qu'il faut pour gagner, mais je pense que Van Der Poel est encore au-dessus.

 

C'est le sujet du moment, il y aura désormais une équipe supplémentaire sur les Grands Tours ! En 2018 et 2019, quand vous étiez chez Vital Concept - B&B Hotels, vous n'aviez pas eu d'invitation pour le Tour de France. Est-ce que vous trouvez ça un peu déloyal, des questions se posent aussi pour la sécurité... ou vous vous dites que c'est bien pour l'économie du vélo et pour les équipes qui n'auraient pas été invitées ?

Je pourrais être aigri, et un peu revanchard, parce qu'on n'a pas eu cette chance-là avec Vital Concept - B&B Hotels lors des deux premières années de l'équipe. Mais ce n'est pas du tout mon cas, je trouve que c'est très bien pour le vélo. On sait que les équipes de vélo vivent presque à 100% du sponsoring, économiquement il y a pas mal d'équipes qui sont en galère, qui sont à la recherche de sponsors. Donc c'est très très bien, parce que la meilleure vitrine c'est le Tour de France. Mettre une équipe en plus, sans parler de tout ce qui est sécurité, je trouve que c'est une très très bonne chose, parce que peut-être que ça va sauver des équipes.

 

Est-ce que l'on vous verra sur le Tour de France cette année ?

Normalement oui, c'est prévu dans le programme, je serai au départ du Tour normalement si tout se passe bien. Ce sera aussi beaucoup de pression pour nous, parce qu'on part de Lille, on est une équipe nordiste. On a beaucoup d'envie, mais comme tous les ans, si on n'est pas motivé en allant au départ du Tour de France, il est temps d'arrêter ce métier.

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