Championnats d'Europe - Anthony Baré : «Le sprint français tourne la page»

Avant leur départ pour les Championnats d'Europe de Piste à Heusden-Zolder en Belgique, l'Equipe de France de Cyclisme sur piste Sprint et Endurance s'est rassemblée, jeudi 6 février, au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines. Anthony Baré, l'entraîneur du pole olympique, a pris les commandes de la vitesse française en attendant un nouveau sélectionneur national. La reconstruction du sprint français, l'arrivée des jeunes, les objectifs... l'ancien analyste de la haute performance s'est livré.
Vidéo - L'interview complète d'Anthony Baré
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"Il y a beaucoup de travail..."
En attendant que le sprint français trouve un nouveau sélectionneur national, c'est vous le patron ?
Oui, du sprint, je gère cette partie de manière provisoire, temporaire, intérimaire, je ne sais pas comment on peut l'appeler, mais en tout cas oui, je gère cette partie de réorganisation du sprint français. Donc mes missions principales c'est d'être entraîneur au pôle France et forcément on a des échéances qui arrivent, les championnats d'Europe dès la semaine prochaine, puis la Coupe du Monde de Konya en Turquie, donc cette période là qui sera provisoire, ce sera moi qui la gérera avec le soutien de la hiérarchie et puis après on espère que le sélectionneur, le head coach arrive à nos côtés.
Ce n'est pas évident, car on ne peut pas dire que le sprint français soit à son top...
Oui, exactement, alors moi pour moi, ça fait depuis 2017 où je suis dans le staff, plus sur une posture d'adjoint, donc le contexte je le connais très très bien. J'étais sur une posture d'adjoint, donc pas sur des postes stratégiques de décision etc. Mais en tout cas, le contexte je le connais, je sais aussi le travail qu'il y a à faire derrière pour reconstruire un groupe, un groupe qui performe et aussi des athlètes qui soient épanouis, donc il y a beaucoup de travail mais il y a une vraie volonté, que ce soit de ma part, du staff qui m'entoure aussi. Parce que je ne suis pas tout seul derrière tout ça, à participer à cette reconstruction et je pense que c'est en très bonne voie.
Quels sont les nouveautés en 2025 ? On ne connaît pas tous les noms sélectionnés pour Heusden-Zolder...
Oui bien sûr, la volonté aussi c'est de donner la chance aussi à certains jeunes qui montent, je prends l'exemple de Etienne Oliviero, en plus récent champion de France du kilomètre à Loudeac, des athlètes jeunes qu'on voit déjà depuis deux ans avec nous comme Marie-Louisa Drouode, qui a pu avoir l'expérience aussi de cette qualification olympique sur des épreuves parfois individuelles mais surtout en équipe et qui là a la possibilité aussi de s'exprimer.
Donner aussi la chance à des athlètes forcément qui ont pour certaines été championnes du monde, Marie-Divine Kouamé, Mathilde Gros, et puis voilà chez les garçons, un Timmy Gillion qui je le souhaite va s'exprimer aussi. Tom Derache. on en discutait la dernière fois, ça fait je crois 14 mois qu'il n'a pas concouru sous le maillot France, il était en Pôle France mais du fait de la qualif olympique, des échéances importantes qu'il y a eu, il n'a pas porté ce maillot France depuis assez longtemps. Il est très motivé aussi et du coup moi j'ai hâte en tout cas de voir ces athlètes là dans une dynamique nouvelle s'exprimer dès la semaine prochaine sur les championnats d'Europe.
"On repart sur une page blanche"
Une équipe remaniée, mais avec Sebastien Vigier et Rayan Helal. On se souvient des déclarations après les JO...
Je pense qu'ils s'exprimeront mieux que moi sur ce sujet, nous notre volonté en fait et ma volonté en tout cas depuis ce mois de janvier où j'ai pris le poste, c'est que ces athlètes soient épanouis. Ils ne l'étaient pas ou en tout cas ils ne l'étaient plus du fait je pense d'un contexte sportif, des enjeux aussi très importants avec les Jeux de Paris qu'on a vécu l'été dernier et voilà, nous notre volonté avec la direction c'est de leur permettre d'être épanouis. Pour certains, c'est de sortir du pôle France, de construire leur projet au ciel extérieur, d'être toujours sélectionnable en équipe de France à l'image de Sébastien Vigier, qui n'est plus au pôle France depuis novembre 2024, mais qui pour autant a constitué son staff, a son entraîneur et reste sélectionnable pour les championnats d'Europe. C'est un système qui évolue, qui leur permette, je pense, d'être plus épanoui et la preuve sinon je pense qu'ils ne seraient pas là en tout cas sur ces tests de présélection pour les championnats d'Europe.
On peut dire que le sprint français repart de zéro ?
Ouais, "repart de zéro" je n'aime pas trop ça, plutôt on va dire qu'on tourne la page et on repart sur une page blanche, forcément il y a eu énormément de remises en question, on ne repart pas de zéro dans le sens où la structure on la connaît, c'est plus une réorganisation et de repartir sur des bases sereines en tout cas, partagées par les coureurs par la direction et que tout le monde se sente soutenu pour que derrière on emmène l'équipe de France à reperformer au plus haut niveau et qu'on entende la marseillaise.
Qu'est ce qu'il ferait que les Championnats d'Europe soient une réussite pour le sprint français ?
Je pense déjà qu'on puisse se rendre compte aussi que ce climat est sain entre tout le monde, qu'il y a un bon état d'esprit, que derrière il y a un groupe qui se reconstruit. S'il y a des excellences performances en vitesse par équipe, bien sûr qu'on prend, mais derrière je pense que c'est un projet aussi à plus long terme cette reconstruction. On a 2025, 2026, avant d'avoir cette saison 2027 où il y aura le super championnat du monde et aussi le début de la qualif olympique. On a ces compétitions pour se reconstruire, il ne faut pas qu'on cherche à mettre la charrue avant les bœufs et de redémarrer en espérant des performances incroyables tout de suite. Je pense que l'enjeu n'est pas là, mais l'enjeu est bien de reconstruire ce groupe et derrière de créer une dynamique où on sera capable de peut-être faire fructifier ça sur des gros résultats en 2026 voire 2027.