ITW - Chanteur : «LottoNL-Jumbo et Roglic : le mal est fait»
Par Valentin GLO le 26/06/2016 à 17:07
Vidéo - Roglic après sa victoire d'étape sur le chrono du Giro 2016
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Stade 2 et Thierry Vildary se sont signalés dimanche dernier en diffusant le troisième volet de leur enquête sur le dopage mécanique dans le cyclisme. Cette fois-ci, le Slovène Primoz Roglic était visé suite à sa victoire sur le contre-la-montre du dernier Giro. De quoi faire réagir les suiveurs du cyclisme et la formation du coureur, la Team LottoNL-Jumbo, qui demande excuses, rectificatifs et droit de réponse à l'émission dominicale de France Télévisions. Pascal Chanteur, coureur professionnel de 1991 à 2001 et vainqueur d'étape sur Paris-Nice en 1997, est le président du syndicat français des coureurs cyclistes, l'UNCP. Il s'exprime sur ce sujet pour Cyclism'Actu.
Pascal, vous avez été l'invité de Stade 2 lors de la diffusion de leur deuxième reportage sur la tricherie technologique. Que pensez-vous de tout cela ?
Le tout premier reportage avait été un vrai coup de semonce, moi le premier j'étais réservé sur la question du moteur électrique comme beaucoup de coureurs. On n'en avait jamais vu et jamais aucun coureur ne m'avait alerté sur ce genre de problème. Ce premier reportage, qui était un très bon travail d'investigation, a levé certaines interrogations légitimes. Je me suis interrogé sur certaines attitudes après cela, notamment sur le comportement de certains. Je trouve ça bizarre, par exemple, de voir un mécanicien jouer avec sa montre. Il permettait de poser des questions et l'UCI se devait de mener des investigations plus importantes. Lors du deuxième reportage, celui sur l'UCI justement, j'étais en plateau. Comme vous, j'ai pu voir certaines choses qui m'ont interloqué, scandalisé, comme lorsque nous voyons que des informations confidentielles sont divulguées à des tierces personnes.
Que doivent faire LottoNL-Jumbo et Primoz Roglic après les accusations de dimanche ?
Le dernier a cependant été bien moins percutant. J'ai fait du vélo, je sais comment se comporte un coureur, comment fonctionne une équipe. Le manque de références d'un coureur peut-il vraiment permettre un tel discrédit ? Les changements de vélo avant le départ, ça arrive. Comme cela peut se produire en course. Il faut juste que ce ne soit pas systématique. J'ai vu passer des informations de journalistes qui ont suivi Primoz Roglic ce jour-là et qui ne pouvaient rien affirmer sur une quelconque manipulation. J'estime que les personnes misent en cause doivent se faire connaître et s'expliquer. Il n'y a aucune honte à s'expliquer, surtout s'ils n'ont rien à se reprocher. Il faut apporter des preuves de bonne foi. Roglic n'a pas grand-chose à faire, surtout si ses explications sont crédibles.
L'UCI fait-elle ce qu'il faut pour lutter contre ces possibles fraudes ?
Ce qui me chagrine le plus dans toute cette histoire, c'est que ce dossier de probable triche technologique a été mal gérée par l'UCI. Les suspiçions ont commencé il y a cinq ans avec Fabian Cancellara. Et l'UCI n'a rien fait. Ce n'est pas normal que ce soit une émission de télévision qui fasse bouger les choses. Le comportement de certains sur les réseaux sociaux me désolent également. Au lieu de dénigrer ou de faire des jeux de mots douteux, qu'ils apportent de véritables propositions au lieu de vomir sur notre sport.
Propos recueillis par Valentin GLO pour Cyclism'Actu.