Bilan 2016
Bilan 2016 - Trek-Segafredo et la vie sans Cancellara Photo : Sirotti

Bilan 2016 - Trek-Segafredo et la vie sans Cancellara

L’équipe Trek-Segafredo est à la croisée des chemins. Fabian Cancellara ayant pris la décision de mettre un terme à sa carrière, la formation américaine se trouvera orpheline de son leader emblématique en 2017. Un nouveau chapitre est à écrire, sans le métronome suisse mais non sans arguments : Alberto Contador, John Degenkolb et Jarlinson Pantano, pour ne citer qu’eux, ont rejoint un effectif déjà riche en talents et où figurent déjà Bauke Mollema, Jasper Stuyven ou encore Fabio Felline. Luca Guercilena a été clair, l’objectif est de "passer au niveau supérieur en développant une équipe encore meilleure". Car le bilan de la Trek-Segafredo pour l’exercice écoulé ne restera pas dans les annales : une 9ème place au classement UCI World Tour ainsi que 19 victoires en 2016, dont seulement 4 en World Tour, bien peu pour une équipe de ce rang. La formation américaine a investi de manière importante en vue de la saison prochaine, dans le but de s’affirmer comme l’une des toutes meilleures écuries de la planète. Ce n’est pas une nouveauté, Classiques et grands Tours seront encore une fois les principaux objectifs des hommes de Luca Guercilena en 2017. Mais désormais amputée de certains de ses illustres capitaines de route, la Trek-Segafredo devra répondre à un défi supplémentaire : (re)construire une véritable équipe. Plus facile à dire qu’à faire, mais l’ancienne RadioShack-Leopard sera à coup sûr l’une des attractions de la saison prochaine.

Fabian Cancellara et son dernier Paris-Roubaix

 

Fabian Cancellara, un patron à remplacer

Leader de l’équipe depuis sa création en 2011 sous l’appellation Leopard-Trek, le Suisse a encore une fois été le moteur principal de la Trek-Segafredo en 2016, avec six victoires dont deux au niveau World Tour cette saison, plus un titre olympique. Comme à son habitude, Spartacus s’est illustré dans ses deux spécialités : le contre-la-montre et les Classiques. Il s’est ainsi imposé à quatre reprises cette année à l’occasion d’un chrono, notamment sur le Tour de Suisse et Tirreno-Adriatico. Il a également remporté les Strade Bianche pour la troisième fois, un record, et quitté le Tour des Flandres sur un podium. Signe de sa constance, il s’est aussi classé 4e de l’E3 Harelbeke et de Gand-Wevelgem. Seule ombre au tableau, il n’a pas réussi à décrocher le maillot rose sur le Giro d’Italia, un objectif assumé, ni à quitter le Tour de France sur un succès. Une page se tourne désormais, et il ne sera pas simple de faire sans Spartacus. Car comme nous le confiait récemment Alain Gallopin, "on ne remplace pas un Cancellara comme ça".

 

Bauke Mollema, leader placé mais rarement gagnant

Il y a longtemps cru, comme toute son équipe et la plupart des suiveurs du Tour. Deuxième du général à trois jours de l’arrivée sur les Champs-Elysées, Bauke Mollema a comme en 2013 vu ses ses rêves s’envoler lors de la troisième semaine du Tour de France. Les Alpes se sont révélées impitoyables, et le Néerlandais, finalement 11e du classement, l’a payé cash. Bien qu’il se soit rattrapé dans la foulée en remportant la Clasica San Sebastian, son année gardera un léger goût d’inachevé. Pour le reste, Mollema est resté fidèle à lui-même, en accumulant les places d’honneur. Il a ainsi terminé dans le top 10 de Tirreno-Adriatico et du Tour de Romandie, ainsi que sur des courses d’un jour comme le Grand Prix de Québec et Liège-Bastogne-Liège. Il manque encore un brin de constance au natif de Groningue pour s’affirmer au niveau supérieur, à lui d’en faire la démonstration en 2017.

 

La promesse de la jeunesse

Les Fabian Cancellara, Fränk Schleck, Yaroslav Popovych et autres Ryder Hesjedal désormais partis, l’équipe Trek-Segafredo laissera davantage de libertés, et de responsabilités, à ses jeunes l’an prochain. Parmi eux, Fabio Felline (26 ans), qui malgré une lourde chute en avril, a porté haut ses couleurs lors du Tour de Pologne (2e du classement général) mais surtout sur la Vuelta. Toujours à l’avant, l’Italien a brillé par sa régularité et même s’il n’a pas décroché de victoire d’étape, il a vu ses efforts et sa polyvalence récompensés par le maillot vert. Alain Gallopin a d’ores et déjà prévenu, "il risque de surprendre l’année prochaine".

Après avoir fait ses gammes aux côtés du maître Spartacus, Jasper Stuyven (24 ans) se tient prêt à prendre son envol sur les Classiques en 2017. Vainqueur avec la manière de Kuurne-Bruxelles-Kuurne et 5e de l’E3 Harelbeke, le Belge est "l’un des meilleurs coureurs de Classiques pour le futur" si l’on en croît Luca Guercilena. La Trek-Segafredo tient peut-être là, avec celui qui est passé tout près d’une victoire d’étape sur son premier Tour de France à Cherbourg, le digne successeur de Fabian Cancellara.

Plus âgé que ses deux équipiers cités ci-dessus, Giacomo Nizzolo (27 ans) a levé les bras sept fois cette saison, plus que n’importe qui au sein de son équipe. L’Italien a par ailleurs décroché un nouveau maillot rouge sur le Giro. De plus en plus régulier, il semble monter en puissance. Alors qu’il court toujours après une étape en grand Tour, l’année 2017 pourrait bien être enfin la bonne. Si on y ajoute des coureurs comme Julien Bernard (24 ans), que l’on a vu très actif sur la Vuelta et à Abu Dhabi, ou Edward Theuns (25 ans), on ne peut que se dire que l’équipe Trek-Segafredo a de beaux jours à venir.

 

Un recrutement XXL pour passer un cap

Désireuse de « passer au niveau supérieur en développant une équipe encore meilleure », la formation américaine a recruté des noms à la hauteur de ses ambitions. Alberto Contador en fait partie. Malgré ses 33 ans (bientôt 34) et une année 2016 décevante en grands Tours, Trek-Segafredo a misé sur l’Espagnol. Le vainqueur du dernier Tour du Pays basque, qui arrive avec Jesus Hernandez et Michael Gogl dans ses bagages, ciblera notamment le Tour de France, "but ultime" de l’écurie de Luca Guercilena la saison prochaine. Le manager italien ne s’est d’ailleurs pas caché : "Avec deux leaders, l’idée est de couvrir les trois grands Tours. J’aimerais que Bauke et Alberto se focalise uniquement sur le classement général des courses par étapes". Ils pourront à cet effet compter sur Jarlinson Pantano, vainqueur d’étape sur le Tour de Suisse et le Tour de France cette année. Bon grimpeur, capable de gagner par lui-même comme d’aider ses leaders, le Colombien sera un atout de poids pour le duo en montagne.

Outre la question du général des courses par étapes, il était question de recruter au rayon des Classiques, pour pallier le départ de Fabian Cancellara. Auteur d’un doublé San Remo-Roubaix en 2015, John Degenkolb avait le profil idéal. Sa saison perturbée par un grave accident dès le mois de janvier, l’Allemand aura à cœur de revenir sur le devant de la scène en 2017. Sa pointe de vitesse devrait également lui assurer une place sur au moins l’un des trois grands Tours du calendrier, et en faire un candidat sérieux aux bouquets sur les courses par étapes. Son coéquipier au sein du Team Giant-Alpecin Koen de Kort s’est également engagé au sein de l’équipe américaine, de même que Matthias Brändle (IAM Cycling), André Cardoso (Cannondale-Drapac) ou encore les jeunes Mads Pedersen (Stölting), Greg Daniel et Ruben Guerreiro (Axeon). Au final, pas moins de 11 coureurs sont arrivés dans l'équipe, alors que 9 départs ont été enregistrés. "Nous voulons être compétitifs partout, donc nous devrons être prêts dès le début de la saison", a expliqué Luca Guercilena. "Il n’y aura pas d’excuses, nous n’avons pas qu’un seul leader donc nous aurons plus de possibilités. Chacun devra prendre ses responsabilités". Le message est clair, la Trek-Segafredo se veut ambitieuse comme jamais en 2017. Le rendez-vous est pris, reste à voir de quelle manière l’alchimie se mettra en place.

L'effectif de Trek-Segafredo pour 2017 : Eugenio Alafaci, Fumiyuki Beppu, Julien Bernard, Matthias Brändle, Andre Cardoso, Marco Coledan, Alberto Contador, Greg Daniel, John Degenkolb, Koen de Kort, Laurent Didier, Fabio Felline, Ruben Guerreiro, Jesus Hernandez, Markel Irizar, Bauke Mollema, Giacomo Nizzolo, Jarlinson Pantano, Mads Pedersen, Grégory Rast, Kiel Reijnen, Peter Stetina, Jasper Stuyven, Edward Theuns, Boy van Poppel et Haimar Zubeldia.

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Publié le par Quentin BALLUE